Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce

Dans le théâtre, un homme surgit au milieu des spectateurs. Échappé du théâtre voisin, cet acteur est en fuite. Édouard Baer se retrouve dans un décor de bistro avec pour seul compagnon, un régisseur-barman. Il accapare la parole dans un savoureux monologue ponctué de voix de fantômes comme Rochefort, Brasseur, Marielle… de références à Bukowski, Bernhard, Gary… et de conversations avec le public.

 

Sa voix enveloppante et ce petit sourire qui ne le quitte jamais nous sont familiers : il se sait attachant, alors il peut tout se permettre. Dans un savant mélange de poésie, de théâtre et de philosophie, ce bon comédien médite sur notre condition humaine, avec son lot de digressions, d’absurde et de surréalisme. Tchatcheur intello, romantique tourmenté, il cultive avec talent la drôlerie et la mélancolie à l’image de ses envolées lyriques qui faisaient le charme de ses matinales sur Radio Nova. Avec son sens de l’autodérision, le fantaisiste Édouard Baer compose une symphonie légère de bons mots. Un grand et joli moment avec lui, empli d’élégance détachée et d’humour espiègle.

Presse

« Dans Élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce, le comédien émeut dans le rôle d’un acteur en fuite. A sa manière élégante et sarcastique, un rien cynique et désenchantée, plus Musset (ou Guitry) que Racine, Edouard Baer émeut aussi. Dans son registre, évidemment. Il y excelle en dandy blessé, délicieusement arrogant et cultivé. Proustien et modianesque. Ce ne sont pourtant pas forcément les auteurs qu’il revendique dans ce quasi-monologue où il incarne — aux côtés d’un régisseur bouc émissaire (épatant Christophe Meynet) — un acteur en fuite, parce que paniqué par le regard apparemment agressif d’un spectateur.

Il quitte alors en courant le plateau pour venir se réfugier dans le théâtre d’à côté. Le vôtre… Théâtre dans le théâtre, illusion dans l’illusion, dédoublement et jeux de miroirs : que fuit donc réellement ce cabot raté qui cite avec passion et nonchalance conjuguées Camus et Thomas Bernhard, Bukowski et Napoléon, Romain Gary et… Malraux ? Il fallait oser balancer ainsi sur scène, entre deux blagues moqueuses au régisseur et derrière un bar, le discours d’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin. Edouard Baer l’a fait.

Comme imiter au téléphone l’ami Jean Rochefort ou le proche disparu Jean-Pierre Marielle. De ces deux-là, un même art d’être là et pas là le rapproche, une aristocratie détachée. Et une voix. Edouard Baer est de ces rares comédiens à la voix, au phrasé, au verbe si singuliers, clairs et graves à la fois. Son spectacle autour des abîmes du jeu et des cauchemars de l’acteur  devrait changer chaque jour selon les humeurs et élucubrations de cet histrion « soudain frappé par la grâce », comme l’indique le titre du show-conférence. La grâce… Sans doute cette légèreté sacrée qui soudain fait rayonner — et se retrouver, se réconcilier avec l’impossible soi — est-elle le but de tout artiste. Valérie Dréville la possède. Edouard Baer aussi. »
Télérama – Fabienne Pascaud

Distribution

Mise en scène : Isabelle Nanty, Édouard Baer.
Avec Édouard Baer, Christophe Meynet et Jack Souvant (en alternance), Pat, Tito. Avec l’aide précieuse d’Isabelle Nanty et Barka Hjij.
Collaboratrice artistique : Perrine Malinge.
Décor : William Mordos.
Lumière : Laurent Béal.
Son : Jérôme Chelius.
ssistante à la mise en scène :
Eugénie Poumaillou.

Production

JMD Production.

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