De Philippe Minyana Pantelis Dentakis (Grèce)

La Reine a une sœur cadette. Le Roi abuse de la jeune fille puis l’abandonne sans défense dans la forêt. Rentré au palais, simulant le chagrin, il annonce à la reine que sa soeur s’est noyée. Ainsi commence La Petite dans la forêt profonde, troublante adaptation par Philippe Minyana du mythe de Philomèle et Procné des Métamorphoses d’Ovide.

Pour transposer ce conte impitoyable, le metteur en scène Pantelis Dentakis utilise des figurines. Manipulées par deux comédiens, ces petites poupées troublantes, créées par la plasticienne Kleio Gizeli, changent de proportions par le biais d’une projection filmée. Les miniatures agissent au sein du décor produit par la vidéo ; les comédiens leur prêtent voix et leur donnent vie ; la caméra zoome sur les expressions et les détails des micro-sculptures et la musique originale complète l’ambiance. Jouant de ces effets d’échelle, le spectacle déploie inexorablement ses sortilèges dans un clair-obscur oscillant entre horreur et merveilleux. Rien n’est montré, tout est suggéré… Un vrai bijou dont la délicatesse est au service de la férocité.

 

Presse

 » Pour sa première apparition au Festival d’Avignon, le metteur en scène et acteur grec Pantelis Dentakis a réussi un très joli coup avec le spectacle intitulé La Petite dans la forêt profonde. (…) Entre vidéo, manipulation d’objets et théâtre, avec seulement deux acteurs, il fait surgir avec finesse, mais dans toute sa fureur, le mythe grec de Procné et Philomèle dont la monstruosité éclabousse le plateau sans qu’une seule goutte de sang soit versée. Et pourtant, quelle chair de poule ! Ce conte, réécrit par l’auteur français Philippe Minyana, raconte une vengeance à peine imaginable. Térée viole Philomèle, sœur de sa femme Procné, et lui coupe la langue pour l’empêcher de parler : les deux femmes se vengent en tuant et cuisinant son fils pour le lui faire manger. Face à face, deux acteurs, Katerina Louvari-Fasoi et Polydoros Vogiatzis, habillés en noir, sont debout de chaque côté de la maquette d’une scène de théâtre. Ils y posent et déplacent des figurines représentant les personnages tout en jouant au micro les différents rôles. Derrière eux, sur grand écran, un film est projeté qui décline l’action en cours au gré de gros plans sur les poupées miniatures, troublantes, créées par la plasticienne Kleio Gizeli.

Malgré sa modestie apparente, le dispositif active des strates multiples. L’éclatement de l’histoire entre micro-gestes et macro-images fait virevolter le regard. D’un côté, on est happé par les mini-accessoires délicatement ajoutés à la pince par les acteurs, et de l’autre, on prend de plein fouet l’image du visage du violeur, de son ventre proéminent, les cheveux délicatement tressés de la petite fille, ses yeux qui chavirent. Un ridicule petit canif brandi par le comédien taillade aussi méchamment qu’un poignard. Rien n’est montré : tout est suggéré dans ces allers-retours surfilés d’un suspense qui adoucit l’horreur du sujet mais ne désamorce pas sa barbarie.

Ce jeu d’échelles et d’intensités tient aux voix des performeurs. Katerina Louvari-Fasoi et Polydoros Vogiatzis incarnent tous les personnages, passant des deux sœurs au mari ou au fils. Ils glissent d’un registre à l’autre, modulent les sons, triturent les rythmes avec brio. Ils osent l’expressivité, les excès émotionnels, les pleurs, les halètements, bruitant aussi les rebondissements de ce récit cruel sans jamais saturer le propos. Interprété en grec, surtitré en français et en anglais, La Petite dans la forêt profonde est un bijou dont la délicatesse est au service de la férocité. »

Rosita Boisseau – Le Monde

Distribution

Texte : Philippe Minyana.
Traduction : Dimitra. Kondylaki.
Mise en scène : Pantelis Dentakis.
Avec : Polydoros Vogiatzis et Katerina Louvari-Fasoi.
Sculpture : Kleio Gizeli.
Vidéo et lumières : Apostolis Koutsianikoulis.
Scénographie : Nikos Dentakis.
Costumes : Kiki Grammatikopoulou.
Musique : Stavros Gasparatos en collaboration avec Yorgos Mizithras.
Photographie : Domniki Mitropoulou.
Surtitres : SuperTitles.gr.
Traduction en anglais : Ioanna Papakonstantinou.
Technique : Panagiotis Fourtounis.
Communication :
Giorgia Zoumpa.

Production

Production : Les Visiteurs du Soir, Black Forest, Polychoros KET, Neos Kosmos Théâtre. Avec le soutien de l’Institut français d’Athènes. La pièce est publiée chez L’Arche éditeur

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Spectacle en grec, surtitré en français

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