Cie des animaux en Paradis

« Dans la salle à manger de leur maison normande à colombages, qu’on croirait tout droit sortie d’une image d’Épinal, Germaine et Marcel se sont mis sur leur 31. Sous la tête de sanglier, le fusil de chasse et le crucifix qui leur servent de décorations murales, les voilà endimanchés comme rarement pour (…) célébrer, en famille, le passage à la nouvelle année. À la plus grande surprise de leurs invités, ce ne sont pas quatre, mais six couverts qui sont dressés sur la table, et trahissent la présence de convives mystères. Lorsque la sonnette retentit, quel n’est pas leur étonnement de découvrir derrière la porte Valéry Giscard d’Estaing et son épouse Anémone, venus en personne « dîner chez les Français », comme le président de la République.

(….) Le dîner se transforme rapidement en une savoureuse métaphore de son mandat. D’abord adulé, à la manière d’un roi devant ses sujets impressionnés, Giscard apparaît en terrain conquis. (…), une fois passée l’entrée en forme de lune de miel, le Président chantre de l’innovation, des centrales nucléaires au Minitel, du TGV au téléphone fixe pour tous, est progressivement rattrapé par la montée du chômage, la crise qui, après des années d’aisance, pointe le bout de son nez et vide l’assiette des Français, (…). Alors, peu à peu, au fil des plats et des années, les anciens blocs, de droite et de gauche, se reforment et l’enserrent, jusqu’à transformer le dîner, un temps courtois et chaleureux, en jeu de massacre, rythmé par des voeux télévisés de plus en plus désespérants et désespérés. (…) l’homme à qui on donnait du « Monsieur le Président » aux prémices des agapes se fait appeler « Giscard », avec une pointe de haine dans les voix, à l’heure du dessert. Surtout, la pièce croque avec justesse l’état de la France de l’époque, prise dans le tourbillon d’un monde en transition où, à la sortie des Trente Glorieuses, les promesses de lendemains qui chantent, et qui chanteront toujours, commencent à avoir du plomb dans l’aile. (…)

Avec ses manières langagières et son attitude hautaine à force d’être travaillée, Valéry Giscard d’Estaing est un personnage naturellement théâtral, et facile à caricaturer, ce dont Léo Cohen-Paperman et Philippe Canales, sous sa direction, n’abusent jamais. Rendus méconnaissables (…), les comédiennes et comédiens, pour certaines et certains membres de la troupe du Nouveau Théâtre Populaire, font naître un comique ravageur dans leur façon de parodier, sans méchanceté gratuite, les attitudes de la France des années 1970, nourries aux expressions fleuries que les personnages enchaînent à qui mieux mieux. Entre deux chansons de Gérard Lenormand et Sheila, de Diane Tell et Claude François, ils incarnent avec brio la naissance de la fracture politique contemporaine entre la France des villes et celle des champs ». Vincent Bouquet Sceneweb

Entretien avec Léo Cohen-Paperman, directeur artistique de la Compagnie Des Animaux en Paradis, co-auteur et metteur en scène de la série Huit rois (nos présidents).

Huit rois (nos présidents), qu’est-ce que c’est ?
C’est une série théâtrale dont l’objectif est de faire le portrait de chacun des huit Présidents de la Cinquième République, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron.

Comment définissez-vous le théâtre que vous faites ?
Populaire et politique, je veux parler du peuple. Les narrateurs des spectacles sont des personnages de fiction issus du peuple. L’objectif est de raconter un pays dans sa diversité : de la France paysanne à celle issue de l’immigration, la série embrasse une totalité.

Pouvez-vous nous dire ce que l’on va découvrir pour ce week-end de spectacles présidentiels ?
Le Chirac sera une comédie onirique qui pose la question : c’est quoi être populaire ? Je crois que c’est la grande question pour Jacques Chirac.
Le roman de Chirac — si populaire et si contradictoire — sera peut-être un révélateur de nos mémoires et de nos oublis, de nos bégaiements et de nos métamorphoses.
Génération Mitterrand, est raconté par trois personnes qui ont voté pour lui en 1981 et qui se rendent compte en 2022 qu’elles ont voté Macron, Mélenchon et Le Pen. Elles racontent leur déception, leurs espoirs et leurs désillusions. Comment et pourquoi cette génération a explosé en vol ?
Le dîner chez les Français de Valéry Giscard d’Estaing, c’est l’histoire d’une famille française qui reçoit le président à dîner. Ce dîner va durer de 1974 à 1981 et il sera la métaphore du mandat. Imaginez un dîner où on a très envie de recevoir un invité de marque et un dîner qui se finit très mal avec ce même invité qui s’en va en disant « Au revoir ».
À chaque Président sera attribuée la forme scénique qui traduit son incarnation du pouvoir : comédie télévisuelle pour Giscard d’Estaing ; drame social pour Mitterrand et comédie métathéâtrale pour Chirac.

Presse

Le troisième volet d’une série de créations consacrée aux présidents de la Vème République nous plonge au cœur des années 1970.

« Huit rois (nos présidents) est une série théâtrale dont l’objectif est de faire le portrait des huit présidents de la Ve République, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron. Chaque roi est porté à la scène avec le style singulier qu’il incarne. La série raconte aussi, épisode après épisode, le destin d’une famille française sur quatre générations : agriculteurs et ouvriers, journalistes et chômeurs, enfants et artistes. À travers les mots et les corps de ces gens ordinaires, se dessine le portrait joyeux, populaire et contradictoire de la société tout entière.

Une farce politique virant au cauchemar

Dans cet opus, une famille reçoit Valéry et Anne-Aymone Giscard d’Estaing pour le réveillon. Cette soirée est la métaphore des relations passionnées, paradoxales, orageuses que les Français ont entretenues durant sept ans avec ce président. La soirée commence très bien, mais se transforme en fiasco. Car l’invité tant désiré devient le bouc émissaire de toute la maison. Dans cette farce politique, l’histoire part en délire. Tout commence comme une comédie aérienne, joyeuse, pour finir en cauchemar. »

Manuel Piolat Soleymat – La Terrase

« Après avoir fait un sort à Jacques Chirac et François Mitterrand, le jeune metteur en scène poursuit sa série Huit rois (nos présidents) avec Le Dîner chez les Français de V. Giscard d’Estaing, où le président modéré se fait délicieusement dévorer par les Français qui l’entourent. » Vincent Bouquet – Sceneweb

Distribution

Conception et mise en scène   Léo Cohen- Paperman
Texte : Julien Campani et Léo Cohen-Paperman avec la complicité des actrices et acteurs du spectacle
Collaboration à l’écriture et jeu : Pauline Bolcatto, Julien Campani, Philippe Canalès, Clovis Fouin, Joseph Fourez et Morgane Nairaud et et Gaia Singer
Scénographie : Anne-Sophie Grac
Costumes : Manon Naudet
Assistanat scénographie et costumes : Ninon Le Chevalier
Lumières : Léa Maris
Création sonore : Lucas Lelièvre
Régie générale : Thomas Mousseau-Fernandez
Assistante à la mise en scène  Esther Moreira
Maquillage et coiffures : Pauline Bry
Administration – Production : Léonie Lenain assistée de Blanche Rivière
Diffusion : Anne-Sophie Boulan
Communication – Médiation  Lucile Reynaud

Production

Production : Compagnie des Animaux en paradis
Coproduction : l’ACB, Scène nationale de Bar le Duc ; Théâtre de Charleville-Mézières ; Équinoxe -– Scène nationale de Châteauroux ; Théâtre de Châtillon ; Le Nouveau Relax Scène de Chaumont ; Le Salmanazar d’Épernay ; Le Carreau, scène nationale de Forbach ; La Criée, Théâtre National de Marseille ; Théâtre Louis Jouvet, scène conventionnée d’intérêt national de Rethel ; Le Théâtre de Rungis ; La Madeleine, scène conventionnée de Troyes ; CCAM, Scène nationale Vandœuvre les Nancy ; Théâtre Romain Rolland, scène conventionnée de Villejuif.
La Compagnie des Animaux en Paradis est soutenue pour : son projet par la DRAC – Grand Est et la région Grand Est.
Ce spectacle bénéficie de l’aide à la résidence du département du Val-de-Marne. Avec le soutien du Jeune Théatre National

Complet

Dates et horaires

Durée

  • Durée 1h20

Tarif

En images