Jean-Philippe Toussaint – Denis Podalydès – Aurélien Bory

Un homme parle, immobile, réduit à l’immobilité en fauteuil après un attentat. Il se souvient de la déflagration, puis tout s’est volatilisé.

Le voilà devant une fenêtre à Ostende, condamné à ses pensées, ses souvenirs, ses observations. Il aperçoit un chantier : on construit apparemment un haut mur qui peu à peu envahitla fenêtre et cache la vue. Pensées et souvenirs s’obscurcissent à leur tour. La déflagration semble revenir. Il y eut un choc si violent, si total. L’homme en réalité est mort sur le coup… Au jeu sobre, précis et obstiné de Denis Podalydès, Aurélien Bory associe le déroulement d’une image, celle d’un ciel aux nuages en perpétuelle métamorphose. Lucarne, paroi envahissante ou support aux ouvriers construisant le mur, l’image, ici, se surimpose aux mots. Cette expérience théâtrale exigeante, dense et compacte réunit un comédien à la langue amoureuse, un écrivain contemporain sobre et profond, et un metteur en scène-plasticien spectaculaire, aux confins du verbe et du théâtre visuel.