Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce

Dans le théâtre, un homme surgit au milieu des spectateurs. Échappé du théâtre voisin, cet acteur est en fuite. Édouard Baer se retrouve dans un décor de bistro avec pour seul compagnon, un régisseur-barman. Il accapare la parole dans un savoureux monologue ponctué de voix de fantômes comme Rochefort, Brasseur, Marielle… de références à Bukowski, Bernhard, Gary… et de conversations avec le public.

 

Sa voix enveloppante et ce petit sourire qui ne le quitte jamais nous sont familiers : il se sait attachant, alors il peut tout se permettre. Dans un savant mélange de poésie, de théâtre et de philosophie, ce bon comédien médite sur notre condition humaine, avec son lot de digressions, d’absurde et de surréalisme. Tchatcheur intello, romantique tourmenté, il cultive avec talent la drôlerie et la mélancolie à l’image de ses envolées lyriques qui faisaient le charme de ses matinales sur Radio Nova. Avec son sens de l’autodérision, le fantaisiste Édouard Baer compose une symphonie légère de bons mots. Un grand et joli moment avec lui, empli d’élégance détachée et d’humour espiègle.