Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak, Olivier Veillon
Vu chez Les chiens de Navarre, Solal Bouloudnine, comédien survolté, signe un seul en scène à l’humour décapant. Août 1992, il a six ans et passe ses vacances dans une maison jouxtant celle de Michel Berger. Le chanteur populaire dispute un tennis, succombe à une crise cardiaque. L’enfant entend les sirènes des pompiers, les larmes des proches, ne s’en remet jamais…
Depuis, Solal pense à la mort tout le temps. Il en a tiré un joli spectacle, où l’humour juif et l’outrance morbide font un ménage décapant. L’enfance insouciante s’en est allée, viciée par les assauts d’un monde injuste. « Essaie de vivre, essaie d’être heureux ça vaut le coup. Joue ! », hurle le comédien au gamin qu’il a été. Dans sa chambre d’enfant remplie d’accessoires, grimé, foutraque quand il le faut, Solal Bouloudnine réussit son pari. Drôle, touchant et original, il renvoie les spectateurs à leur propre jeunesse et à ce qui les a construits, en campant un père chirurgien déglingué, une mère juive tentaculaire au légendaire couscous boulettes, un rabbin au bout du rouleau… Son talent nous embarque, sur fond de playlist du compositeur de Starmania.