Thomas Lebrun 

Sur un podium lumineux, sur fond de formidables tubes techno, disco ou funk, défilent devant nous 40 personnages aux costumes plus kitsch les uns que les autres.

Il y a du monde dans cette boîte de nuit un peu has been : petits bourgeois peureux, gays ou lesbien­nes, paumés, alcoolisés, la drag queen, le gogo dancer, la trop vieille, le couple exhib’, la snob,
la dragueuse, short ras des fesses, fourreau rouge, perruques…
Des accros au dancefloor qui jouent là le rôle de leur vie avec un unique objectif – être vu –, prétexte à des performances exacerbées où chaque geste est érotisé et vient dévoiler, de façon crue, cette mini-société de la nuit. Cette chorégra­phie aux allures légères ne se cantonne pas à la sensualité, aux propos militants, à un extraor­dinaire défilé jubilatoire, ou au seul plaisir gourmand du chorégraphe à convoquer le rire dans un spectacle de danse. Ne serait-il pas aussi, plus profondément, le spectacle de nos vanités qui défilent inlassa­blement ? Thomas Lebrun a su capter subtilement le désespoir de ces rois de la piste avec un humour délirant au service d’un spectacle jouissif et formida­blement dansé.