Clément Hervieu-Léger
Le metteur en scène fait de cette comédie accomplie une véritable ode au théâtre : perfection dans la distribution, la direction d’acteurs, les images… Sans doute
le meilleur des spectacles dont on puisse rêver !
La scène se passe chez Zamaria, tisserand vénitien, le dernier soir du Carnaval. Les invités arrivent les uns après les autres. Parmi eux, le jeune dessinateur Anzoletto qui doit prochainement quitter Venise pour Moscou. Rien de spectaculaire donc : une simple soirée entre amis au cours de laquelle il est question d’un départ ! Et puis d’amour aussi. On joue aux cartes, on dîne, on danse, on vit ensemble. Faut-il partir ? Faut-il rester ? On parle de la Russie.
Et soudain le théâtre de Goldoni semble annoncer celui, sociologique, de Tchekhov.
Sociétaire de la Comédie-Française, Clément Hervieu-Léger signe un élégant spectacle en costumes d’époque avec une fabuleuse troupe sans premiers ni seconds rôles. Tout est finesse, précision, humour dans la gestuelle et le phrasé des quinze (!) comédiens qui jouent vraiment à l’unisson et ne boudent pas leur plaisir.