Cécile Loyer

Chorégraphe, danseuse

« Je ne sais pas si la danse peut nous aider à changer le monde, mais je sais qu’elle peut nous aider à vivre ensemble ; à partager nos différences, nos craintes, nos combats, et nos joies aussi.
Nous portons dans nos corps des histoires singulières, personnelles et uniques ; qui proviennent d’un héritage, et empruntent à d’autres que nous, qui ont parfois vécu avant, ailleurs, comme ici et maintenant.
Nos gestes, nos mouvements, nos attitudes et nos habitudes, qui se réinventent tous les jours, ont des racines profondes qui traversent les âges, mais aussi les frontières.
Le théâtre est pour moi un lieu d’ouverture, de rencontre, où s’invitent la vie, l’amour, l’espoir, l’engagement, la liberté, la résistance, l’audace et la beauté.
C’est ainsi que je conçois mon métier, c’est ainsi que je conçois ma présence à Équinoxe, aux côtés de Jérôme Montchal et de son équipe.
²Dansez, dansez… sinon nous sommes perdus”, disait Pina Bausch à ses interprètes. Alors dansons, dansons ensemble… dansons avec force et en toute liberté ! »

Depuis un premier solo fondateur, Blanc (2001), les créations de la
danseuse et chorégraphe Cécile Loyer s’attachent aux questions de
transmission, de filiation et de mémoire – leur jaillissement émotionnel et physique.
Passeuse d’énergie, imprégnée de mots et de musique, d’humour aussi, sa danse demeure le lieu de tous les voyages, et le corps cet
indispensable témoin de notre histoire, archive du temps.

 

Hugues Duchêne

Metteur en scène, comédien

« Il est quinze heure et je viens de prendre une photo d’un quinquagénaire en slip. Juste en face de chez moi. Il était à son balcon et regardait distraitement l’affluence en bas de chez lui. Hier, au deuxième jour du confinement, il avait encore son pantalon. Vivement la deuxième semaine !
Tout ça pour dire : tu me demandes un texte de présentation dans lequel j’expliquerais aux spectateurs d’Équinoxe qui je suis. Eh bien je réponds tout de go. Je suis le type qui vous prend en photo quand
vous vous y attendez le moins. Néanmoins, je reste sociable : je suis l’homme qui engage la conversation à l’urinoir.
Je suis né en 1991, à Lyon, dans une famille d’enseignants musiciens. Enfant, je regardais les émissions de Karl Zéro, le dimanche midi, sur Canal +. De là vient probablement mon attrait pour la politique française. Je suis acteur et metteur en scène de mes propres pièces. Quand une catastrophe survient (élection douteuse, cathédrale en feu, pandémie mondiale) je pense : « Mon Dieu mon Dieu. Et dire que je vais devoir en faire une scène ! »
Le confinement ne m’est pas insupportable. Ce style de vie ressemble à celui de l’acteur au chômage. Je connais bien. Dans pareilles circonstances, la discipline est de mise. Et mettre un slip, c’est la base. Vive mon voisin ! »
Hugues Duchêne rejoint, à 15 ans, le Mouvement des Jeunes Socialistes. Réalisant plus tard que les études de sciences politiques sont incompatibles avec celles d’art dramatique, il abandonne le programme d’études intégrées de Sciences-Po Lille. Après avoir obtenu son certificat au conservatoire de Lille, il étudie à l’EDT 91 d’Évry puis à l’École supérieure d’art dramatique de Lille. Il intègre ensuite la Comédie-Française en tant qu’élève-comédien. Je m’en vais mais l’État demeure est sa quatrième pièce, qui a connu un joli succès, notamment à Équinoxe la saison passée. Les trois premières traitent aussi de la politique française ; il s’agissait d’une trilogie se déroulant sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. La première
évoque, déjà, l’affaire Polanski : Fiction Off. La seconde est co-écrite avec un conseiller en constitution à l’Assemblée Nationale (Troisième étage). Et la dernière intitulée Le Roi sur sa couleur, que l’on pourra voir à Équinoxe cette saison, explore les liens entre art et pouvoir pendant l’affaire Olivier Py.”

Wilmer Marquez

Circassien

« Je n’oublie jamais d’où je viens »
« Je me sers de cela, quotidiennement pour continuer à avancer sans penser aux contraintes comme des freins mais plutôt comme des moteurs qui me donnent des opportunités différentes, de nouvelles portes, de nouveaux mondes à découvrir, à visiter… des chemins à explorer. Je pense que l’humain vit en-deçà de ses possibilités. Nous oublions le pouvoir que nous avons chacun, en nous laissant envahir par l’immensité du monde qui nous entoure. Oui, il est vrai que nous sommes minuscules dans une immensité. Mais nous faisons partie de celle-ci. »
Wilmer Marquez, Colombien d’origine, a cofondé la Compagnie El
Nucleo à l’issue de sa formation au Centre National des Arts du Cirque en 2011 et a formé pendant 18 ans un duo de portés acrobatiques. Il crée les spectacles Sans Arrêt et Quien Soy ? en 2013. En 2017, Wilmer met en scène le spectacle Somos, puis en 2019 le spectacle Nawak. Il a participé à de nombreuses pièces de David Bobée : Romeo et Juliette, Warm et Dios Proveerà pour lequel il est assistant à la mise en scène. Parallèlement, Wilmer a rejoint le collectif XY sur les Voyages. En 2020, il est invité par l’Orchestre Régional de Normandie à mettre en scène une création intitulée Caravanserail (pour le festival Spring). Équinoxe l’accompagne dans la création de sa nouvelle compagnie : Bêstîa.

Fouad Boussouf

Chorégraphe, danseur

“Il y a d’abord ce besoin de s’exprimer, par le geste, le mouvement ou simplement une posture. Mes inspirations surgissent souvent de mes souvenirs d’enfance entre les deux rives de la Méditerranée. Ma danse est un élan, un souffle, sans étiquettes, un état du corps du moment.”

Chorégraphe, danseur et professeur, Fouad Boussouf a suivi une formation de danse hip-hop, sa discipline de prédilection, tout en nourrissant un esprit de curiosité pour les autres pratiques, notamment contemporaine. Son parcours hétéroclite et ses expériences d’interprète l’inscrivent dans une recherche chorégraphique résolument moderne où le hip-hop dialogue avec les vocabulaires contemporain et jazz mais aussi les danses traditionnelles d’Afrique du Nord et le Nouveau Cirque. Il fonde la Compagnie Massala en 2010. Rétif aux étiquettes, son travail reflète ces inspirations et aborde sans faillir des thématiques d’actualité qu’il transfigure grâce à ses interprètes. Prompt à mêler les styles et les pratiques, les rythmes et les influences, ses créations sont avant tout un lieu de partage et de transmission : celui des émotions, grâce à la maîtrise technique et à l’inépuisable expressivité de la danse. Au coeur du développement artistique de la compagnie Massala : la problématique du rapport sensible et charnel à nos racines, à notre culture hétéroclite et métissée. Fouad Boussouf est également artiste associé à la Maison de la danse de Lyon et au POC d’Alfortville. Outre son spectacle Näss (les gens), il prend en charge cette saison pour Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux le projet Archipel 21 dans tout le département de l’Indre.

 

Romain Bassenne

Photographe

Romain Bassenne se consacre d’abord à la photographie documentaire en portant son regard sur les notions d’espace, de patrimoine et de savoir-faire. Mais il travaille également quotidiennement à la définition d’une pratique photographique plus éclectique au contact de l’Atelier Marge Design, explorant au fil des opportunités la porosité de sa discipline avec celle du design graphique. Ces deux approches ont fini par se rejoindre plus souvent qu’il ne l’avait imaginé, l’une enrichissant l’autre dans une tension dont il sait désormais parfaitement tirer partie.
C’est dans cette rencontre improbable qu’est née la série de photographies réalisée pour la saison 2020-2021 d’Équinoxe- Scène
nationale de Châteauroux. Jouant sur ces deux tableaux, ses images sont autant l’aboutissement de ce regard très personnel qu’il porte sur ce qui l’entoure, qu’une production minutieusement réfléchie, capable de se mettre au service d’un dispositif graphique et typographique semé d’embûches.

Né en 1986 et diplômé de l’École Nationale Supérieure Louis Lumière, Romain Bassenne publie, en 2016 en lien avec les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale, un livre : Morts pour la France, issu d’une série photographique du même nom dont le sujet porte sur les villages disparus lors du conflit dans la région de Verdun. Cette série fut exposée aux Rencontres Internationales de la Photographie en juillet 2017. Passionné de montagne, il dirige désormais ses projets photographiques vers ce milieu familier en gardant comme axe de travail ces notions d’espace et d’histoire. Ses séries Dolomiti ou Triglav (actuellement en cours de production) résument bien ses deux affinités singulières.