Un week-end animé par Antoine Royer (enseignant et membre de la rédaction du site DVDClassik.com » )

Hommage au cinéaste d’origine tchèque et d’adoption américaine aux multiples Oscars qui s’est éteint en 2018.

 

« Chef de file de la Nouvelle Vague tchèque telle qu’elle émergea, dans les années 60, en réaction au cinéma de propagande soviétique, Miloš Forman migra ensuite aux Etats-Unis, où il connut, décennie après décennie, d’importants succès tels que Vol au-dessus d’un nid de coucou, Amadeus ou Man on the moon
Etalée sur plus de 40 ans, son œuvre, extrêmement variée, est celle d’un satiriste qui – à l’instar de ses protagonistes – refusa constamment de se soumettre à une pensée ou à une forme normatives, et se plaça toujours du côté de ceux qui aspirent à reconquérir leur liberté : les rebelles, les incompris ou les fous…

En illustrant d’extraits de ses films, on fera ressortir quelques unes des grandes lignes de son style, qui n’avait souvent du classicisme que l’apparence. »

Antoine Royer

CONFÉRENCE MILOS FORMAN, LE PARTI DE LA LIBERTÉ

Vendredi 15 octobre à 18h30
à la Médiathèque Équinoxe de Châteauroux
Durée : 1h30 – entrée libre

Nous vous proposons de suivre la conférence d’Antoine Royer consacrée au cinéma de Milos Forman.

LES AMOURS D’UNE BLONDE

Vendredi 15 octobre à 21h au cinéma l’Apollo

Tchécoslovaquie, 1965, VOST, 1h25
Avec Hana Brejchova, Vladimir Pucholt, Vladimir Mentir

Andula est une jeune apprentie naïve. Elle est séduite par Milda, un pianiste pragois, lors d’une soirée. Après une nuit passée avec Milda, la jeune fille arrive à Prague, sa valise en main, pour lui rendre visite. Ce n’est que plus tard qu’elle comprend que personne ne l’attend.

Les Amours d’une blonde est un exemple parfait des aspirations artistiques de nouvelle vague tchèque (la Nova Vlna). Court, simple, ancré dans le réel, souvent léger, le film se veut générationnel, photographie pertinente d’une jeunesse tchécoslovaque caractérisée par le désœuvrement et l’inquiétude, loin des valeurs positives prônées par le réalisme soviétique. A mi-chemin entre l’imaginaire romanesque de la Nouvelle Vague française et la volonté documentaire du free cinéma anglais, Les amours d’une blonde fait preuve d’un soucis plastique constant. La fin, désenchantée, a parfois été interprétée comme une préfiguration de la répression qui frappera le printemps de Prague.

 

Au feu les pompiers

Samedi 16 octobre à 17h30 au cinéma l’Apollo

Tchécoslovaquie • 1967 • VOST • 1h10
avec Jan Vostrcil Josef Sebánek, Josef Valnoha Frantisek Debelka

Dans une petite ville, un bal des pompiers est organisé en l’honneur des cinquante ans de service de l’un des leurs. En plus d’une tombola, un concours d émission beauté est mis en place pour remettre le cadeau au vétéran. Mais rien ne se passe comme prévu.

Forman et ses scénaristes font preuve d’un humour ravageur et multiplient les gags visuels et verbaux, dans un film choral où chaque personnage – la plupart interprétés par des comédiens non-professionnels – joue sa partition. Au feu, les pompiers ! est un film musical dans lequel le chaos est minutieusement mis en scène et chorégraphié, avec un sens aigu du montage et du détail signifiant. Le film est également une cette satire explosive et irrévérencieuse d’un pouvoir communiste corrompu et inefficace. Les jeunes filles qui refusent de se prêter à la mascarade ridicule de leurs aînés symbolisent le vent de liberté et d’espoir qui souffla quelques mois en République socialiste tchécoslovaque, avant que le rêve d’un « socialisme à visage humain » soit impitoyablement brisé.

À 19H30 À L’ENTRACTE : APPORTEZ VOTRE ENCAS, ON VOUS OFFRE LE VIN !

RAGTIME

Samedi 16 octobre à 20h30 au cinéma l’Apollo

Etats-Unis • 1981 •  VOST • 2h35
avec Howard E. Rollins James Cagney Mary Steenburgen Elizabeth McGovernJames Olson

1906. Les destins croisés d’hommes et de femmes de milieux différents dans le New York du début du siècle qui s’éveille au jazz, au ragtime… Portrait d’une société multiraciale, de ses injustices criantes et de ses scandales

Ragtime est l’adaptation d’un roman d’E. L. Doctorow, lui-même adapté de la nouvelle d’Heinrich Von Kleist, Michael Koohlhas.
On retrouve de la nouvelle de Kleist, l’idée que la justice doive s’accomplir de manière absolue et que le combat qu’on mène pour elle détruise tout. Ici, celui d’un homme rangé, pianiste, qui contre l’injustice mettra en péril l’environnement sécurisant de sa cellule familiale et sociale.
Forman prend plaisir à mêler la grande histoire aux petites, dans cette fresque où les destins se lient et se croisent, et réussit à imposer une maîtrise formelle d’une efficacité étourdissante tout en y inscrivant des personnages sensibles. Il dépeint une Amérique complexe dont les héros ne sont pas ceux qui font l’Histoire, mais ceux qui savent assumer leur destin et qui font face. Un discours de « dissident », au service du cinéma.

MAN OF THE MOON

Dimanche 17 octobre à 17h

Royaume-Uni – Allemagne – Japon – USA • 1999 •  VOST • 118 min

Andy Kaufman a toujours aimé se mettre en scène et fait des numéros d’imitation dans des cabarets. Il obtient un passage dans l’émission Saturday Night Live et un rôle dans le sitcom Taxi. C’est le début de la gloire. Mais au lieu de se reposer sur ses lauriers, Andy Kaufman multiplie les personnages et les défis, repoussant un peu plus loin les limites de la comédie et du bon goût…

Man on the Moon est, sinon le plus beau de la trilogie de biopics entamée avec Amadeus (1984) et poursuivie avec Larry Flynt (1996), le plus travaillé par les obsessions du cinéaste sur l’art de la performance et de la scène. Il faut dire qu’en reprenant la figure aussi inventive qu’extravagante du comique Andy Kaufman, le film s’offre d’emblée les moyens de gratter jusqu’à l’os la folie du spectacle américain, tout en explorant les ressorts du rire. Interprété par un Jim Carrey alors au sommet de sa carrière, son personnage principal semble constamment disparaître derrière la multiplicité des masques qu’il arbore sur scène et à la télévision. Jamais à court d’un canular, il n’a de cesse de provoquer le public dans un grand geste réflexif et suicidaire, que Forman prend soin de mettre en scène comme une lutte aussi fascinante qu’épuisante.

TARIFS

Tarif unique : 4 euros